lundi 20 décembre 2010

"Tu joues dans la cour des grands, maintenant"


 
Nyctalopia est devenue grande
Elle a maintenant un métier, un "chez elle" et un mec. Les trois en même temps.
Elle a déménagé sous la pluie, visité dans la neige et emboché dans le froid. C'est que le climat, ici, ça rigole pas.
Mais ce n'est pas grave, parce que cette ville lui plait. Grave. 
Elle aime la vue du balcon sur les toits de la Croix Rousse quand le soleil se couche, la lumière qui court sur le sommet du mont blanc lorsque le ciel est dégagé, elle aime les gens qui vivent ici, leur simplicité et leur gentillesse. Elle a du rencontrer trente nouvelles têtes en deux semaines, parce ses collocs ils ont une vie sociale plutôt bien remplie. Elle aime le piquant du froid sur le nez, le bipbip du métro quand il démarre, le sapin de Noël tout de mauve et d'argent vêtu, dont le scintillement fait pétiller le salon. Elle aime son appart, sa verdure, son odeur et sa vie.
Samedi, Nyctalopia a enfilé sa blouse pour aller travailler. Elle avait ce petit nœud au ventre qui vous serre l'estomac et la gorge un peu sèche. Elle est arrivée dans cet hôpital inconnu de cette grande ville inconnue, elle a rencontré des collègues inconnus et des patients inconnus. Ok, elle a un peu galéré. Mais elle a kiffé se promener avec son petit chariot, elle a kiffé qu'on ne soit plus derrière son dos, elle a kiffé faire sa vie tranquille. Mais ce qu'elle a le plus kiffé, c'est de frapper, d'entrer dans une chambre et de dire "Bonjour, je m'appelle Nyctalopia et je suis infirmière".
L'infirmière du matin lui a demandé si elle ne faisait pas de  l'eczéma à changer de vie comme ça. C'est vrai que bon, c'est quand même une expérience quelque peu stressante je vous l'accorde, amis tout semble si bien concorder que c'en est presque flippant. Comme les pièces d'un puzzle qui font que finalement, je me sentirais presque chez moi, ici. 

La vie avec des collocs est encore mieux que je l'avais imaginé, et point du tout oppressante comme je l'avais craint. Chacun a sa place, chacun est content d'être ici et finalement, ça ferait presque une petite famille.

Enfin bref, Nyctalopia a survécu et vous souhaite un Joyeux Noël. 
Mangez bien, buvez bien. 
Point de folies.
Prenez soin de vous.
Et à bientôt.


dimanche 7 novembre 2010

Vous êtes ici.

 


















ça y est

Il est arrivé ce moment, cet instant où toutes les pièces concordent. La clé de ces quatre dernières années, l'aboutissement, le bouquet final. 
Ce moment "qui viendrait bien assez tôt", qui me donnait des palpitations , celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le nom
Vous l'avez compris, j'ai nommé le Diplôme d'Etat.

Moi qui croyais que mardi soir tout irait enfin mieux, en fait, ce fut encore pire. L'impression d'avoir tout donné et quand même ce petit goût d'amertume, tant d'investissement pour une journée si longue. Le tout noyé dans une soupe de doutes, de remise en question, et arrosé d'impuissance. 

ça parait bête comme ça, c'est juste un diplôme et finalement, c'est pas si grave. Mais je crois que j'arrivais à un tel point de saturation que mes enjeux eux mêmes avaient perdu toute notion de rationalité. C'était une question de vie ou de mort, une histoire d'amitié, d'appart, de colloc et de nouvelle vie.

J'ai donc passé un certain temps à déprimer, et puis, comme cela ne m'apportait rien de particulièrement palpitant, j'ai décidé de rentabiliser le temps et de commencer à constituer mon CV et mes récapitulatifs de stages, qui, sans prétention aucune, sont irréfutablement teintés de perfection. "Quand même, que je me suis dit au bout de la quatorzième feuille de stage sans conteste dithyrambique, peut-être est-il envisageable que, finalement, je ne sois pas si nulle". 

"Mais tout de même, que je me suis dit : c'est quand même fou." On passe dans tellement d'équipes différentes, dans lequel on doit toujours être irréprochable, pas le droit d'être de mauvaise humeur, mais le devoir de faire le deuil du stage précédent, de se réadapter, d'observer chacun de ces insignifiants petits détails qui, qui sait, un jour, pourront nous être utiles. C'est dingue le nombre de données concernant les relations humaines que j'ai pu apprendre en quatre ans. On répond aux sonnettes, on fait le larbin (un peu) et on prend sur soi (beaucoup), on n'est pas payé, on apprend à piquer, on prépare des injectables, on se fait engueuler, on compte les gouttes et les pilules, on se fait regarder de haut, et pourtant. 

Pourtant pendant tous ces stages, ce qu'on apprend surtout à faire, c'est à se fondre dans la masse. 
En fait, on apprend surtout à devenir un parfait petit caméléon. 
ça, c'est acquis. N'importe où que je sois, dans n'importe quelle catégorie socioculturelle, je sais que je suis capable de m'intégrer parce que  j'ai ce réflexe d'observer et de me calquer sur les autres. Le pire, c'est que ça ne me demande pas spécialement d'effort, c'est juste naturel.

Sauf que voilà. C'est bien sympa d'être un caméléon. Mais il est de quelle couleur le caméléon en vrai ? Hein ? comment je fais, moi, pour savoir qui je suis vraiment ? Je ne voudrais pas devenir comme une chinoise qui parle d'elle à la première personne du pluriel. Je veux la garder, mon identité.
En fait, je me demande un peu si notre personnalité dépend de nous ou de ceux qui nous entourent. On est forcément influencé par les personnes avec qui nous passons du temps. Mais comment pouvons-nous déterminer les frontières de notre personnalité propre ? Le Moi et son environnement sont-ils dissociables ? 
Freud il appelait ça le Surmoi. Mais bon, je crois qu'on ne parle pas exactement de la même chose tous les deux.
En tout cas, ce que je sais, c'est que je n'ai certes pas une âme de leader, mais que je ne suis pas non plus une solitaire. J'ai besoin de cette appartenance à une tribu. En fait je suis peut être plus un loup qu'un mouton, je crois. 

Bref, encore vingt jours à attendre et vous me verrez soit venir vous raconter les aventures de Rachel dans Friends, soit pleurnicher à chaudes larmes en vous disant que ma vie est foutue. 

Hier, c'était donc la dernière soirée de promo. Un soirée au goût d'adieu, de merci et de souvenirs. Le point final d'un chapitre plutôt sympa, finalement. Je crois que c'était indispensable pour réaliser que le moment était venu de passer à autre chose. 
N'empêche, j'ai pris un sacré coup de vieux. Je me rappelle encore ce premier jour de fac de langues, le bac tout fraîchement en poche. Ce n'était pas la même Nyctalopia. Le temps est insidieux et il nous transforme tout petit bout par tout petit bout. On finit par devenir quelqu'un de tout neuf (ou de plus vieux, au choix). 
Alors, dans trente ans, on sera qui ?


Mes petits infirmiers, que vous soyez breton, ventre-à-chou ou poitevin, niortais ou parisien, d'ici ou d'ailleurs, surtout, n'oubliez pas les "ribousoumes" et les "éminemment", les montres swatch et l'accrobranche. Tout doux bijou sur les grumeaux et vive le guronzan. Quoi qu'il arrive, n'abandonnez pas votre culture mots fléchés. Soyez fiers d'avoir appartenu à la best des promos.


Mistral Gagnant

jeudi 21 octobre 2010

Un activia et ça repart.






















DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE-DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE-DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DEDE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DEDE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DEDE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DEDE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE-DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE -DE - DE


Aaaaah c'est la misère.
Je crois que je comprends enfin le sens de l'expression pétage de plombs.
Ce diplôme aura ma peau.

dimanche 17 octobre 2010

Dis, tu veux faire quoi quand tu seras grand ?




























Comme j'ai un peu la flemme de pondre un article qui ait le mérite de ne pas être trop chiant ni trop déprimant, et que de surcroit j'ai sous la main exactement THE question qui me taraude l'esprit à ce présent moment, lue dernièrement sur un blog que j'affectionne particulièrement, j'ai décidé de plagier en toute légalité puisque je cite la source et que je ne m'approprie d'aucune façon que ce soit l'article qui suit. Il est d'une vérité tellement criante, qu'il éclabousse d'évidence notre réalité à tous.
Bienvenue dans la génération Peter Pan.


( de http://tournemonmonde.blogspot.com/)
["Dis, qu'est-ce qu'on fera quand on sera grand ?" est donc ma petite troublerie existentielle du moment. Le millésime 2010 de la question-qui-fait-chier. Oui parce-que ça fait quand même quelques mois que ça me pose une sérieuse colle, cette affaire.
Pour mise en bouche, vous pouvez déjà vous délecter de l'ironique formulation de la question, que dis-je de LA question. En effet, c'est maintenant, à 22 ans passés études terminées et un vrai emploi en poche, que l'on est en droit de se demander ce qui va bien pouvoir occuper les journées de notre vie d'adulte. [...]
On notera au passage que faire choisir à un gosse de 16 ans ce qu'il veut faire de sa vie plus tard est une prouesse dont les rouages doivent être mieux gardés que la formule du Coca-Cola. Mais Les mystères de l'Éducation Nationale ne sont pas notre sujet d'études aujourd'hui, bien qu'il y ait matière à recherche. [...]
De toute façon cela importe peu puisque l'étudiant à la fac sera hypnotisé (les cours un lendemain de soirée étudiante ressemblant plus à Shaun of the Dead qu'au Cercle des poètes disparus) au point que quelle qu'en ait été l'issue du "choix" du Collège, on se retrouve dans le même bateau.
Et ce bateau, c'est un peu le FanxBoat de l'emploi : tout le monde se dispute sa place à l'intérieur, bien qu'il soit trop petit pour accueillir l'ensemble des désireux simultanément. On est donc d'un seul coup, catapulté de notre siège au fond de la classe (sur lequel on pouvait dormir all day long sans conséquences) à la file d'attente de l'ANPE (où il est plutôt difficile de tenir en équilibre un lendemain de cuite). Bon, qu'on trouve un taf ou pas de toute façon le problème est là : il faut bosser. Il faut se lever tous les jours et faire tous les jours la même chose, supporter un patron et des tâches au sex-appeal franchement pas 2.0, tout ça pour pouvoir enfin voler de ses propres ailes et aspirer à une vie unique... et semblable à des dizaines de millions d'autres.

Bon là on marque une pause, puisque vous devez certainement pressentir le billet de fénéant qui se plaint parce-qu'il ne veut pas bosser. Pour ma défense : OUI, c'est exactement ça. Vous êtes en train de lire la complainte type du jeune-qui-veut-des-tunes-mais-sans-travailler. Toujours est-il que ce caprice est Mon caprice, et qu'on ne se refuse pas un petit caprice des Dieux.

Reprenons : il faut donc bosser, oui.  A partir de ce jour, vous allez devoir vivre le restant de votre vie en faisant exactement la même chose qu'aujourd'hui, à quelques détails près. Et ce pour, sauf si vous êtes chanceux, vous offrir deux sorties par mois et deux semaines de vacances par an, entassé sur une plage du sud de la France en compagnie de milliers de touristes dans votre cas. Après tout, nos parents y arrivent alors pourquoi pas nous ?

Nous, on n'a pas encore perdu nos rêves de gosses. On croit encore qu'on va faire cosmonaute, pirate ou ninja, joueur de foot professionnel, dessinateur de BD ou chanteur dans un groupe de rock. Et que de toute façon on sera riche, qu'on aura plein de potes qu'on verra tout le temps, et qu'on fera la fête. Sauf que plus que face à n'importe quelle conseillère d'orientation du monde, c'est aujourd'hui, à cette période charnière entre la fin des études et le début de l'emploi, que l'on prend conscience que tout ça c'est comme le Père Noël. Non, je ne serai pas dessinateur ou aventurier. Non, je ne serai pas riche et célèbre. Et oui, il faudrait que j'arrête de faire la fête tous les soirs maintenant.
Mais je n'en ai aucune envie ! Je veux siroter des cocktails fluorescents sur une plage de sable blanc ! Je veux voyager autour du Monde et faire la fête dans chacune des capitales de cette vieille terre ! Mais au lieu de ça, il faut faire comme tout le monde, c'est à dire pas grand chose. L'avenir, tout aussi réussi professionnellement parlant soit-il, eh bien il est d'un ennui à mourir. Il fait pas envie, l'avenir. Être une grande personne ça suxx à mort, à moins d'être pété d'tunes. L'argent ne fait pas le bonheur, tonton Walt et ses copains nous l'ont très bien appris dans les dessins animés. Mais ce qu'on ne nous a jamais dit de façon explicite, c'est que l'argent il fait la différence. Par exemple, la différence entre le mec qui fait du stop et celui qui roule en Merco SLK. Ou la différence entre celui qui bosse 8 heures par jour pour nourrir ses gosses, et le gossderishqui se nourrit 8 heures par jour avec l'argent de son pôpa. Putain, le problème n'est pas la tune ! Non, je ne suis pas obsédé par l'argent et oui, je me fous d'être riche !
Condamné à de toute façon ne pas pouvoir vivre une vie d'enfant toute sa vie d'adulte, et ce uniquement parce-que nos parents n'ont jamais eu la bonne idée de devenir riches, on est maintenant bien obligés de bosser. Insatisfait comme je le suis, je passe le plus clair de mon temps à travailler à l'imagination d'un plan de secours plutôt qu'à l'acceptation de ma condition de citoyen de la classe moyenne. Et en attendant d'avoir trouvé l'idée miracle, tout ce que l'on peut faire c'est se dire qu'il est bien loin, le temps des parties de billes dans la cour de récré en s'imaginant un jour avoir des super pouvoirs. ]


Et vous, qu'est-ce que vous voulez faire quand vous serez grands ?
 

dimanche 10 octobre 2010

Amo-Amas-Ama

























"Grâce à lui, j'avais découvert les ressources infinies de mon corps, mais pour le reste, les ressources infinies de mon âme, j'étais moins avancée. Je souffrais, dans le secret de moi-même, de ne pas savoir qui j'étais. J'éprouvais, sans le formuler, un solide mépris mon cette fille qui ne savais pas dire "moi" ou "je", sans hésiter, sans changer de ton, de conduite, de personnalité. J'oscillais sans cesse entre le lutin charmant, la guerrière dure à cuire, la petite fille abandonnée et la princesse endormie qu'un prince breveté viendrait réveiller et emporter sur son cheval fringant.
J'étais la première à me perdre dans mes dédales intérieurs, et j'en voulais pêle-mêle à moi-même, à mes amants et au monde entier. J'amassais, au fil de mes égarements, une pelote de haine lustrée qui ne demandait qu'à se dévider. Si, vu de l'extérieur, je ressemblais à une jeune fille appliquée et gentille, le champ de ruine qui formais mon jardin secret avait de quoi me décourager et me donnait envie de mordre tout animal qui m'approchait de trop près."

[...]

"Aimer... ce mot bateau qui prend l'eau de partout. Même le petit Robert y perd sa clarté. C'est quoi Aimer ? Quel est le "Je" qui dit "Je t'aime"? A qui s'adresse-t-il ? Que demande-t-il en échange ? Ou bien est-ce gratuit ? Le serment d'une seconde ou d'une éternité ? Une bulle de trois mots qui crève lors d'une étreinte réussie, d'un manque comblé, d'un rêve d'enfant exaucé ? Et d'où nous vient notre manière d'aimer ? Sommes-nous les seuls ouvriers de cet échafaudage branlant ? Qui a mis en place les traverses et les boulons, les poulies et les planches où nous avançons en aveugles tâtonnants, persuadés d'être libres et conquérants?"

[Katherine Pancol - J'étais là avant]

Et si je vous demandais quelle est, pour vous, la définition de l'amour ?

Est ce que c'est : "Enfin, je sais"?

Est ce que c'est : "Toujours" ?

Est ce que c'est : "Sans toi, je ne sais pas ?"

Où est-ce que c'est quand  sans l'autre, sa vie perd tout son intérêt ? 

"L"amour, c'est quand l'autre vous regarde, pose son regard sur vous et voit, au fond de vous, des pépites que vous ignoriez, les exhume et vous les apporte. Pour vous enrichir, vous agrandir, vous rendre libre. Le regard d'amour qui fait de vous une autre, vous donne de grands espaces où galoper ivre de fierté. Je suis moi et je suis quelqu'un de formidable parfois, de moins formidable d'autres fois. "

L'amour, c'est quand l'autre nous accepte tel que l'on est.

Alors, pour vous ça veut dire quoi, Aimer ?

Mika - I see You

samedi 9 octobre 2010

Vie-et-liesse





















On sait qu'on vieillira tous, un jour. Et d'ailleurs, on vieillit, chaque jour. à chaque minute qui passe, à chaque moment qu'on partage ou qu'on perd, qu'on aime, qu'on rie ou qu'on pleure, on vieillit. 

On le sait, ça. On le sait mais on se dit qu'on a le temps, que c'est pas pour tout de suite, parce qu'en fait on a pas trop envie d'y penser. C'est même pas qu'on a peur de vieillir, c'est plutôt qu'on n'arrive pas à se projeter dans la vieillesse. Il nous manque cette capacité d'imaginer un futur qui ne ressemble pas à l'être humain du présent.
Pourtant, on arrive quand même à s'imaginer Papa ou Maman. Ou Chômeur, ou Riche, ou Instit, ou Peintre
Mais Vieux, non. 

La maison de retraite ou je travaille en ce moment, elle est pas mal pourtant. C'est plutôt le gratin des vieux. Des gens qui, théoriquement; ont plutôt réussis dans la vie, ou, du moins, financièrement.
Quand je vois le prix qu'ils payent pour être là, je me dit que vu la retraite qu'on aura, nous quand on sera vieux, bah on a peut être raison de ne pas trop y penser, finalement. Peut être qu'ils feront des ghettos pour vieux parce qu'ils ne sauront plus trop où les mettre. Remarquez, y a déjà des endroits qui ressemblent un peu à ça. Nous on sera en surnombre, on soulera tout le monde et plus personne ne voudra s'occuper de nous, ce sera encore pire que maintenant.

C'est vrai, finalement, un vieux, ce n'est plus productif, c'est périmé, ça ne sert à rien, alors bon. Pourquoi on s'embêterait ? On met des millions pour sauver les banques parce que c'est plus important l'économie. ça n'a pas de coeur qui bat mais c'est un investissement à long terme. Alors que le long terme d'un vieux, je vous accorde qu'il est un peu plus limité.

Quand on est vieux, on est vulnérable, on ne peut plus se défendre et les autres décident pour nous, on perd la boule, on devient moche et on est malade, on porte des couches et on est tout seul parce que tout les autres sont morts. Les enfants, il viennent de temps en temps mais parfois on sent bien qu'on ne se comprend plus tout à fait. ça, c'est quand on peut encore tenir une conversation, parce que sinon on soule tout le monde et plus personne ne veut venir nous voir.

Tout le monde s'en fou des vieux dans ce pays. C'est révoltant. 

C'est vrai, finalement, ça dérange la vieillesse. ça nous renvoie à nos propres limites, parce qu'on sait qu'un jour, ce sera notre tour. Peut être que les progrès de la médecine, finalement, ça nous pousse jusqu'à des moments où on est encore en vie biologiquement parlant, mais ou notre vie est terminée, en fait. à des âges où ce n'est pas très naturel d'être encore vivant. Où on attend juste de mourir.
Maintenant, on vit vieux, mais à quel prix ?
 

Bon alors... Je ne suis pas sûre de vouloir le savoir, mais c'est trop tard. 

D'après vous,  quand je serai vieille, j'aurai quelle tête ... ?
(Bon, je vous passe les détails du relookage chimpanzé ou bourré, que je juge quelque peu inutile et inapproprié au sujet.)





























... Et vous ?



Le vrai mal de la vieillesse n'est pas l'affaiblissement du corps, mais  l'indifférence de l'âme. 
André Maurois


Alice Lewis - Parachute

mercredi 6 octobre 2010

Flemme et Gris Souris.

















On se réveille le matin, il fait encore nuit noire et on entend la pluie qui tombe dehors. Qu'est ce qui se passe ? C'est quoi ce hurlement? Ah oui, c'est  notre cher réveil qui nous rend son service quotidien. Alors on se tire du lit avec difficulté, les yeux encore collés, le filet de bave au coin de la bouche. Les cheveux mis n'importe comment et la tête à l'envers, on obéit pourtant à cette petite voix qui nous guide jusqu'à la douche, qui nous déshabille dans un frisson blanc comme le carrelage glacé de la salle de bain, qui nous engloutit dans une gorgée de café brulant. On ne réfléchit pas, on exécute. Parce que c'est comme ça qu'on fait. C'est comme ça que tout le monde fait.

L'élan vital, c'est qui ce mec ? Qu'est ce qui nous oblige à nous lever le matin, à ne pas rester toute la journée sous la couette à mater des émissions débiles ? Et pourquoi on obéit à la loi contre-nature du travail ?
Parce que c'est comme ça. Parce qu'on veut faire quelque chose de sa vie. Avoir des sous, avoir un appart, avoir une vie comme les autres. Parce que ne rien faire, ce n'est pas naturel non plus.
Alors on rejoint le tourbillon des autres qui, comme nous, font comme les autres. On se joint à eux dans les embouteillages de huit heures, dans la cohue des supermarchés, dans les méandres d'internet et dans les soirées trop arrosées. On aime pas ça, pourtant. On râle, on peste, on dit quelle bande de cons, et on oublie un peu qu'on en fait partie. 
Il y a des gens positifs, qui n'ont rien remarqué ou qui font semblant. ça doit être cool, d'être positif, ou d'être naïf, je ne sais pas trop si c'est pareil. Moi j'aimerais bien être optimiste, mais je n'y arrive pas.  Je passe ma vie à surfer entre mes phases up et mes phases down. Mes phases up, je les aime bien, c'est des moments où j'ai l'impression que rien ne pourra jamais m'atteindre. Que mon destin est tout tracé, que c'est sûr, je vais être heureuse, entourée de gens toujours de bonne humeur et en bonne santé. Je dois avoir des pics d'endorphine, c'est peut être ça qu'ils ressentent, les héroïnomanes. 

Et puis, il y a d'autres moments dans lesquels j'essaye de ne pas voir tout en noir.  De chasser ces doutes qui engourdissent mon élan vital.
Reviens, élan vital ! Je veux retrouver tes petites joies simple, je veux rire d'une blague pourrie et je veux apprécier un sourire ou l'odeur d'un livre neuf. Je veux rêver ma vie et vivre mes rêves. je veux faire des projets, et qu'ils soient partagés. Je veux combler ce vide qui semble faire partie de moi, parfois. Je veux déborder à grands remous d'énergie, d'énergie positive et je veux en inonder les autres.
Je veux faire quelque chose de ma vie, quelque chose de bien. Je veux arrêter d'avoir peur de vieillir, parce qu'à 22 ans, ça craint. Je veux profiter de ma jeunesse, de chaque minute  qui passe, et je veux me shooter au bonheur.

Alors je me demande si la lucidité c'est une contrainte au bonheur ? Est ce qu'on n'est pas mieux dans l'illusion ?
Pourtant je ne suis pas malheureuse non plus. J'ai tout ce qu'il faut pour être bien. C'est pour ça que je me sens super bête, je veux pas faire ma Cosette. Je me rends compte que tout mon noir, c'est moi qui me le créé. Peut être que j'ai pas assez de problèmes, ça me permettrait d'apprendre à me battre, un peu. à positiver. ça ne me ferait pas de mal, de me mettre du plomb dans la cervelle. De comprendre que tout n'est pas dû et que tout peut s'envoler, aussi.
Mais j'ai l'impression que tout ça ne sert à rien. Que c'est une comédie, et que  tout le monde fait semblant. Que tout peut s'arrêter d'un moment à l'autre. Que de toute façon, on croit aimer, mais on n'aime pas vraiment, et que si la personne n'avait pas été la on aurait vécu autrement et puis c'est tout.

Il y a ceux qu'on remarque parce qu'ils ont "un pas qui domine le monde". Et puis il y a les autres,  toutes ces âmes, baillonnées par leur élan vital, muettes et rendus sourdes. Toutes les âmes de ceux qui ont l'impression de ne plus avancer, mais qui s'épuisent parce qu'ils n'ont pas le choix. C'est ça, la vie.
Et tout ce petit monde passe son temps à se torturer pour savoir s'il est à sa place, et pourquoi ci, et pourquoi ça, et pourquoi il n'a pas trouvé l'amour, et pourquoi la crise, et pourquoi la guerre, et pourquoi la vie.

Mais putain, la crise vous voyez pas qu'elle est dans votre tête ? Qu'est ce qu'on s'en fou de la crise! Tout ce qu'on veut, c'est être heureux. Tout ce qu'on veut, c'est être regardé.

Regarder : faire en sorte de voir, s'appliquer à voir quelqu'un ou quelque chose. signification intellectuelle ou morale exprimant le fait de prendre en considération, d'accorder toute son attention. Dérivé de garder : "veiller", "prendre garde à"

Il y a des jours, comme ça, où j'ai juste "pas envie".

Ben's Brother - I am who I am