jeudi 30 septembre 2010

Retour vers le futur...












C'est un couple qui ressemble à n'importe quel couple. La femme, elle est jolie, même très jolie, même pas maquillée sur une table d'accouchement. Le mec, il est pas mal non plus, un peu espagnol et un peu stressé aussi. C'est normal d'être stressé, dans très exactement deux heures il n'aura plus seulement une voiture et un chien, il aura aussi un fils qui fera pipi, caca, areuh et ouin. Alors forcément, ça doit probablement le retourner un peu de penser à des choses comme ça.

Pour le moment, il se contente de vaporiser de temps en temps le visage de sa bien aimée, en lui murmurant des mots d'encouragement à l'oreille. Entre les contractions, elle se calme, elle respire, elle parle. Elle nous raconte la chambre du bébé, le magnet derrière la voiture et le siège auto installé depuis deux jours. Elle parle pour combler le vide parce qu'elle a peur, un peu. Mais elle est quand même obnubilée par ça, ne peut s'empêcher d'imaginer le moment magique où elle pourra le tenir dans ses bras. Pour le moment, elle s'inquiète aussi un peu. " Tu regarderas pas, hein ?" qu'elle lui dit.

Et puis il a oublié l'appareil photo dans la voiture, alors, comme elle le supplie, il part en courant. Il dit qu'il n'est pas garé loin, qu'il faut qu'elle l'attende. Il doit y aller deux fois, parce que la première, il n'a pas regardé dans le sac noir qui est sur la banquette arrière, à côté du cosy. Je vous le disais, il est un peu stressé. Et puis, il revient enfin, tout essoufflé et tout rouge, et cette fois il était temps parce que c'est bel et bien l'heure. La pauvre, elle n'a pas pu avoir de péridurale parce qu'elle est arrivée trop tard, alors elle douille. Entre deux contractions, elle souffle, et elle nous dit d'un air un peu abattu : "Bon, aller, on va pousser". Le papa, il est à fond, et à deux doigts de tomber dans les pommes. Il lui tient la main et il lui dit "Aller, on pousse ! On pousse ! Tu es la meilleure ! Aller pouuuuuusse ! Ouiiii !" et il pousse, pour lui montrer qu'il l'accompagne jusqu'au bout. ça me donne envie de rire, et c'est un peu émouvant aussi. Quand la première mèche de cheveu apparaît, il a déjà les larmes aux yeux. La maman, elle, commence à faiblir. C'est que ça a vraiment pas l'air agréable, d'accoucher. Limite on a envie de pousser pour elle, pour l'aider un peu. Et puis ça dure un peu, pas si longtemps mais je suppose que quand on a l'impression de se déchirer de l'intérieur, les minutes doivent passer relativement lentement. Elle n'en peut plus, ça se voit. Mais elle continue (de toute façon pas trop le choix.)

Et puis, ça y est. Enfin. La tête sort, et puis l'épaule, et puis le corps.

Et c'est là que le miracle se produit. Elle a tout oublié, toutes les misères qu'elle a eu. Tout ce qui compte pour elle, c'est le bonheur merveilleux de serrer son bébé qui était encore en elle une minute auparavant.

"Oh mon amour, tu es si beau !" Et le néo-Papa, qui répète d'un air hébété :"mon fils... mon fils"

"Oh Chéri ! C'est quand même incroyable, vraiment incroyable qu'on soit capable de faire quelque chose d'aussi beau ! Tu ne trouves pas ?"

"Oh oui, c'est incroyable. Et c'est incroyable comme je t'aime. Oh là là, qu'est ce que je t'aime !"

Le papa lève son visage inondé de larmes pour me tendre l'appareil photo. Et moi, toute pleine de larmes aussi, je m'improvise photographe.Et le bébé, il est médusé et regarde autour de lui avec ses grands yeux noirs en se demandant dans quel drôle de monde il a bien pu atterrir.

Et devant ce tableau du parfait amour, on est cinq pauvre gus à sangloter dans une salle d'accouchement. Eux encore c'est normal parce que c'est leur vie et en toute honnêteté il n'ont pas l'air de l'avoir trop ratée, mais nous, franchement on a l'air un peu débiles.

Mais rien que pour un moment comme ça, on se dit qu'on fait quand même un métier génial.

Et puis, peut être que ça nous permet de vivre un peu par procuration, aussi ? *


"Tu en es là. Tu décides que le temps de l'éternelle adolescence est fini et qu'il est temps de grandir. Et tu grandiras. Et alors tout change. Et cette fois, les choses vont changer. Tu auras une maison plus grande, une piscine, un garage double et une pelouse toujours impeccable. Un patio fleuri et de belles plantes vernies. Un chien que tu appelleras Marx et un bateau que tu baptiseras Julia. Tu auras une assurance santé, une assurance vie, un réfrigérateur toujours plein pour ne pas te sentir pauvre, et des fenêtres qui laisseront toujours entrer le soleil. Et alors tu auras une famille heureuse, deux enfants en bonne santé, et elle, tu l'auras elle, qui te rappelleras toutes les belles choses que tu auras eu. Ce n'est pas ce dont tu as toujours rêvé ?"

(Juste un baiser, 2001)

vendredi 24 septembre 2010

re-pend toi.























Aujourd'hui, j'ai été faible. Oui, aujourd'hui j'ai besoin de me confesser, c'est pourquoi je prends mes mots et mes regrets pour vous faire part de ma plus consternante humilité en quête de votre indulgente absolution.

Tout à commencé hier, jour de repos savoureux au goût de paresse et d'inactivité physique, ce qui ne m'empêcha cependant pas d'ébaucher les grande lignes du plan de ma soutenance de mardi (en passant, si vous pouvez faire une petite prière pour moi, ce serait gentil), c'est déjà ça, vous me direz. Ouais, sauf que je bosse ce week end (moi) et qu'en fait, du temps à perdre je ne vais pas en avoir à foison d'ici là. Et puis,  comme à mon habitude, je suis une personne si organisée et si prévoyante, qu'il est vrai que, malgré mon apparente sérénité, elle commence un peu à me prendre la tête, cette soutenance.

Bref, vous l'aurez compris, rien de tel qu'une petite soirée tranquille pour se changer les idées et prendre un petit bol "d'oxygène" avant le dur week end qui s'annonce. 
Alors, lecteurs, suspendus à mes lèvres, avouez que vous n'en pouvez plus ce cet insoutenable suspens. Que s'est-il passé ? quel crime abominable Nyctalopia a-t-elle pu bien commettre ?

Et bien voilà, un verre et puis deux et puis trois, et puis plus l'habitude, et puis le vélo qui déculpabilise bien quand on boit un verre de trop. Et voilà que je commence à ricaner bêtement, ça faisait longtemps.

Bilan de la soirée au réveil : des cernes jusqu'aux commissures des lèvres, un teint un peu blafard et une tête comme un melon (au sens premier du terme, soyons clairs : elle est louuuurde, si lourde). Je me vois bien arriver comme ça cet après midi, tiens : "Bonjour, c'est pour une prise de sang ? oops, désolée je vous ai raté, j'ai pas les yeux très en face des trous aujourd'hui. Ne vous inquiétez pas, mon petit doigt me dis que la prochaine, c'est la bonne ! on lance les paris ?".
En plus, c'est pas comme si je n'avais rien à faire, la preuve, je profite de ce temps libre inespéré pour venir vous raconter ma vie. Ne suis-je donc pas une personne prévenante ? Et ma soutenance alors, elle va se faire toute seule ?

Là, ce n'est plus une simple flemme passagère, mais une flemmingite aigüe, que dis-je, une asthénie saupoudrée d'apathie et d'une pointe d'aboulie léthargique qui me tombe dessus comme la foudre en plein cœur. Si le téléphone n'existait pas, peut-être, je dis bien peut-être que j'aurais pris mon courage à deux mains et accomplis mon devoir avec gravité.

Mais là, une touche, un bip, un allo avec une petite voix... C'était si tentant...

Pardon.


Barcelona

dimanche 12 septembre 2010

Mic-mac-aron






















Certes, ce n'est pas du grand art. Certes, ils ne ressemblent pas à ceux de la boulangerie.
Mais tout de même, qu'est ce que c'est jouissif, pour la piètre cuisinière que je suis, de réussir ses premiers macarons !

(surtout quand on n'a ni thermosonde, ni mixer, ni four à chaleur tournante, ni poches à douille ni  plaques perforées)

Bon, bien entendu, il est clair que je n'ai pas improvisé. Mais comme je suis sympa, je vous laisse ma recette !
(cf ce blog !)

Ingrédients (pour une plaque 12 petits ou 6 grands macarons)
50 gr de poudre d'amande très fine (mixée ou tamisée)
80 gr de sucre glace
50 gr de blancs d'oeuf (un blanc et demi)
20 gr de sucre en poudre
1 càc de cacao en poudre (pour la couleur)

Mélanger la poudre d'amande, le sucre glace et le cacao. Monter les blancs en neige. Saupoudrer le sucre en poudre en pluie sur les blancs en neige (en continuant de les battre). Incorporer doucement la meringue française (mélange blancs en neige et sucre en poudre) au mélange poudre d'amande, sucre glace et cacao.

Préchauffer le four à 180°C.
Laisser croûter à l'air libre en attendant que le four atteigne la bonne température.
Cuire 15 mn à 180°C.

Préparation de la ganache choco café :
- 5 cl de crème liquide
- 70 gr de chocolat noir
- une noix de beurre
- 1 càc de café soluble

Faire chauffer la crème liquide et le beurre, y faire fondre le café soluble. Hors du feu, ajouter les carrés de chocolats et remuer jusqu'à ce que le chocolat fonde.
 
Remplir une coque de macaron sur deux. Refermer et mettre au réfrigérateur pendant au moins une heure pour que la ganache tienne.


Je ne vous conseille pas la ganache, la prochaine fois j'essayerai plutôt amande ou noisette. La pâte, en revanche, est géniale !


Ne me remerciez pas.


Vanessa Paradis- Il y la là

 


lundi 30 août 2010

Le retour du Jedi.


















"Tiens, une revenante", allez-vous penser.  "Encore un blog à l'abandon", se seront dit d'autres. 
Et pourtant, me revoilà.

Voilà très exactement trois mois que je n'ai pas eu le courage d'affronter la page blanche. Trois mois pour reprendre une bouffée d'oxygène, et aussi, retrouver l'envie d'écrire. Trois mois à guetter ce chatouillis au fond de la gorge et les mots jaillissant dans mon esprit à la tombée de la nuit. Un néant littéraire  hasardeux à affronter, et, je vous l'accorde, quelque peu honteux à assumer.

L'été 2010 fut riche en émotions. Tout commença au moment où le point final de mon mémoire grava de son poinçon le dernier mot de la dernière ligne de la dernière page de mon interminable calvaire, marquant les premières heures de ma liberté retrouvée. Je n'oublierai jamais cette intense satisfaction à signer l'émargement du devoir accompli, imprimé, relié, rendu et bonnes vacances. J'avais limite envie de laisser une petite nota bene dans la marge, "Ainsi soit-il" ou un truc dans le genre. Malgré mes élans d'amour envers l'humanité toute entière, je calmais mes ardeurs lorsqu'une de mes profs, une dame (plutôt) gentille, (assez) grosse et (très) maternante, me prit dans ses bras et m'embrassa sur les deux joues. Je prenais le train pour Lyon où je retrouvais ma copine C pour le temps d'un week end. 

Les premiers instants de liberté, surtout lorsqu'on a le sentiment d'avoir accompli un exploit, sont emprunts d'une saveur délicieuse, d'une fierté délicate, d'une fragilité presque doucereuse. Je me rappelle, marchant dans la lumière du soir, le bruit des restaurants, les discussions futiles et le claquement des talons sur les pavés, la lourdeur de l'air sur les jambes et la curieuse découverte d'un avenir encore incertain.

Des pas qui me conduisirent, un peu plus tard, dans le train suivant, celui qui me ramenait en enfance. Deux semaines à jouer à la bataille navale, à Koh Lanta et à la chasse au trésor. On redevient plus facilement enfant que je ne le pensais. On a du mal à se résigner à redevenir raisonnable. On voudrait rester dans cette bulle, entouré des rires et des cris de gamins qui nous tapent aussi, par moment (souvent), sur le système. Mais il faut bien rentrer aussi, un jour.
Leeees jolies colonies de vacaaances, Merci maman, merci papa , Tous les ans, je voudrais que ça r'commence, You kaïdi aïdi aïda.

Le mois de juillet fila donc à la vitesse d'un éclair à l'odeur de pollen, d'iode et de vitamine D. Et puis, on a replié les tentes, on a rangé les sacs de couchage et on a franchi la porte d'un nouveau stage. 
C'était pas marrant. C'était même un peu triste, le retour à la vie réelle. 

Et puis, c'est comme tout, on s'habitue. J'ai fini par retrouver mon compte dans les yeux des petites crevettes de 1400 grammes qui tétaient difficilement leur biberon de 12 ml, en faisant des pauses pour reprendre leur souffle. 
J'ai fini par me réhabituer au bip des scopes, à la pénombre un peu silencieuse de la salle des couveuses et à l'odeur de la peau de bébé. 
Maintenant, quand ils partent, je suis un peu triste, quand même. Mais c'est le juste retour des choses, de les laisser rentrer chez eux. C'est bon signe, ça veut dire qu'ils vont mieux. 

Et puis, enfin, le moment qu'on redoutait a fini par arriver. Le Piuk est parti loin.

Nous voici parvenu à la fin d'un été. Encore un été, et une nouvelle page qui se tourne. Ce sentiment d'être arrivé à une étape, comme de franchir un  nouveau cap. Difficile à expliquer, mais  il me semble avoir trouvé cette sérénité nouvelle, comme si chaque chose avait enfin commencé à trouver, progressivement sa place. Un été où j'ai eu le temps de me poser des questions, et (une fois n'est pas coutumes), où j'ai eu l'impression de trouver les bonnes réponses.

Nyctalopia a décidé d'arrêter d'être cynique. 
Nyctalopia a décidé d'y croire.
Nyctalopia a décidé que les gens pouvaient (aussi) être bien.
Nyctalopia a décidé de devenir bonne (au sens littéral du terme)

Bon, ok, Nyctalopia vit aussi peut-être un peu dans le pays de Candy. Mais finalement, entre une vie sans rêver et un rêve qui sent la vie, je préfère la deuxième.

Sinon, j'ai aussi un nouveau numéro. J'ai été tentée, l'espace de quelques secondes, de ré-enregistrer mon répondeur avec le message suivant.

Bonjour, bienvenue sur mon humble messagerie. Comme vous pouvez le constater, je ne décroche pas, cela signifie donc que :
a) je ne veux pas vous parler
b) je suis (encore) en train de faire une sieste
c) je suis actuellement occupée. 
Si vous êtes d'humeur joyeuse, ou, au pire cordiale, soyez contents ! En effet, vous avez la possibilité de me laisser un message, auquel il est actuellement possible que je réponde un jour ! C'est à vous !

Et puis, je me suis dit que c'était un peu trop ironique pour la nouvelle Nyctalopia que j'étais devenue. Alors, je me suis contentée de laisser un message plus commun, quelque peu banal

Enfin, finalement, la normalité, n'est-elle pas subjective à chacun ?


jeudi 27 mai 2010

Ma main à couper.
















Laissez moi vous raconter cette journée riche de découvertes étonnantes : celles du merveilleux monde magique du Bloc Opératoire. La petite stagiaire que je suis, en bonne élève, sage, gentille et méritante, avait donc gagné le droit de franchir le seuil de ce temple sacré ou le chirurgien est Dieu, ce sacerdoce de la médecine toute puissante, ou l'hygiène est le maître mot. C'est donc mon billet  d'entrée en poche que je suivis le brancardier qui me guida jusqu'au vestiaire, où le bleu était de rigueur. J'enfilais ma tenue de bloc, the exact same model que dans Grey's Anatomy (je le garde en souvenir), si c'est pas la classe à Dallas. Et puis, je poussais la porte, moment auquel je tombais nez à nez avec une infirmière du Bloc. De toute évidence, le brancardier avait profité de mon absence pour faire les présentations.
"Aaah, c'est donc toi, "l'élève"." me fit-elle avec un grand sourire un peu mielleux, lourd de sous entendus.
Elle s'empressa de héler son collègue l'infirmier anesthésiste, attelé à une tâche lambda: "Youhou !  Viens voir ! l'élève est arrivée ! "
Autant vous dire que je me sentais pas du tout observée, bref, tout à fait à mon aise. C'est donc d'un air décidé que je leur emboitais le pas, pour me retrouver dans la petite salle de bloc, où l'infirmière panseuse était déjà en train de s'affairer pour préparer la pièce en vue du "clou-du-spectacle".
Enfin, la patiente arriva sur son petit brancard. L'infirmier anesthésiste, que je collais un peu sur les conseils de l'infirmière "et-en-plus-il-aime-bien-qu'on-lui-touche-les-fesses" (je vais vous décevoir mais je préfère vous le dire tout de suite sans vous laisser espérer davantage : je n'ai point essayé), m'expliqua avec soin toutes les ficelles d'un endormissement dans les règles, du propofol "le produit avec lequel Michaël Jackson est mort", à l'intubation "attention aux cordes vocales", à la ventilation assistée et aux courbes du scope. "Au fait, comment vont Carole et les enfants ?" lui lança l'infirmière en passant.
Après ce fort intéressant entretien, je me plaçais juste devant la patiente pendant que le chirurgien, qui avait fait son entrée entre temps, s'habillait en stérile et badigeonnait le champ opératoire de bétadine. La patiente était désormais réduite à une jambe un peu surélevée, enrubannée dans un magnifique papier bleu du plus bel effet.
C'est alors que les choses sérieuses commencèrent.

"Bistouri" [incision]
"Eh les amis, vous connaissez la nouvelle ?" [découpage]
"Et sinon, vous offrez quoi pour la fête des mères ?" [bzzzzz : scie circulaire - coupage d'os]
"Ma voisine m'a encore soulé ce matin, elle est mignonne, mais pénible." [Bing bing - clou]

Et ça cancane en perçant l'épiphyse, et ça rigole en aspirant le sang, et ça se fait des avances en  rabotant le cartilage. On se croirait un peu au marché. Et au milieu trône un steak géant bétadinée.
"Si tu as des questions, c'est avec le plus grand, mais le plus grand plaisir, que je te répondrai."

On m'avait dit que la chirurgie orthopédique était relativement brutale, en fait ça va. Je me surprends même à trouver ça joli, on dirait qu'il sculpte les os juste comme il voudrait qu'ils soient, au millimètre près. C'est une prothèse de genou, une jolie prothèse en acier couleur aluminium qui brille un peu. Il fait fonctionner l'articulation pour vérifier si tout va bien, la rotule pivote, ça fait un peu Robocope.

Et un nouveau genou pour madame ! avec ceci?

Enfin, deux heures et demi plus tard, on referme tout. Cours de couture. On a du mal à imaginer que quelques secondes auparavant, la rotule ressortait par une ouverture béante. Maintenant, ça fait une jolie guirlande d'agrafes bien alignées. Y a plus qu'à pansementer le tout, et c'est fini. Direction la salle de réveil.

à l'opération suivante, l'anesthésiste m'a demandé d'endormir le patient. Trop cool. Par contre je suis partie avant de voir s'il s'était bien réveillé.
Allez, ce sera la surprise pour demain... !


samedi 22 mai 2010

"Elle a prit 20 piges, piges, piges"

















Nous y voilà. 22 mai. 

Il y a exactement 22 ans, ma mère sentait les premières contractions et ne me portait probablement pas spécialement dans son cœur sur le moment. Mon père, lui devait baliser un peu parce qu'il était en plein dans le déménagement de l'appart qu'on devait quitter pour déménager dans ma ville actuelle. Et puis bon, une première, c'est toujours un peu l'aventure. J'avais donc bien choisi mon moment, comme toujours, pour faire en sorte que tout se passe le mieux possible.

Et voilà le travail. 3 kg 150 de nuits blanches et de couches sales, la classe les parents. Ah, ils m'ont supporté pendant 22 ans, et rien que pour ça je leur en suis reconnaissante. D'ailleurs, personne n'avait tenu aussi longtemps jusque là. Il y a bien M qui n'a toujours pas déposé le bilan depuis onze ans, faut qu'elle se dise que si elle veut arriver à battre le record ça veut dire qu'elle n'a pas encore tiré la moitié de la peine. Dur hein ?

Mais, (minute culture) à part l'évènement pour le moins capital de mon apparition sur terre, savez-vous ce qu'il s'est réellement passé, le 22 mai ?


 22 mai 337Constantin est baptisé sur son lit de mort. 
Constantin Ier, qui donna un nouveau souffle au christianisme, se fait baptiser à l’orée de sa mort. Étant le tout premier empereur romain de foi chrétienne, Constantin participe sans conteste à l’expansion de l’Église en Orient, comme en Occident.

22 mai 1455guerre des deux roses. 
Le duc Richard d'York défait l'armée du roi Henri VI à Saint Albans, au nord-ouest de Londres. Cette première bataille marque le début de la guerre des Deux-Roses qui oppose la maison de Lancastre, dont l'emblème est la rose rouge, à la maison d'York qui arbore une rose blanche, pour la possession de la couronne d'Angleterre. Cette guerre civile décimera l'aristocratie anglaise et affaiblira le royaume. En 1485, le roi Henri VII réussira à réconcilier les Deux-Roses.

22 mai 1885 : Victor Hugo s'éteint.
Le plus grand écrivain du XIXème siècle, Victor Hugo, meurt d'une congestion pulmonaire à l'âge de 83 ans. Le corbillard "des pauvres", comme il l'a souhaité, emportera son cercueil vers des funérailles nationales. Sa dépouille sera ainsi exposée sous l'Arc de triomphe puis portée au Panthéon. Une foule de 2 millions de personnes suit le cortège...

22 mai 1927 :  200 000 morts dans un séisme en Chine.
La terre tremble à Xining dans le centre ouest de la Chine et provoque un des plus terrible bilan humain de l’histoire des séismes : environ 200 000 morts. L’Asie, et notamment la Chine, très peuplée, sont souvent très fortement affectées par ce type d’événement. C’est d’ailleurs dans une région assez proche que le séisme le plus meurtrier se produisit au seizième siècle, faisant 800 000 morts.


22 mai 1939 : signature du pacte d'acier
Les ministres allemand et italien des Affaires étrangères, von Ribbentrop et le comte Ciano, signent à Berlin un pacte d'assistance militaire offensif. Il scelle officiellement l'union des forces de l'Axe déjà définie en novembre 1936 : l'Allemagne nazie (qui a annexé l'Autriche et la Tchécoslovaquie) et l'Italie fasciste (qui a annexé l'Albanie). Le 1er septembre, l'Allemagne envahira la Pologne et déclenchera la Seconde Guerre mondiale.


22 mai 1960 : Tsunami du Chili au Japon
Un séisme de 9 sur l'échelle de Richter, la plus haute magnitude jamais mesurée, se produit près de la côte chilienne. Il déclenche un tsunami ("grande vague dans le port" en japonais) qui détruit tout sur son passage. 2 000 victimes sont recensées au Chili et la vague de 18 mètres se propage jusqu'à Hawaï puis au côtes japonaises. Elle fait des centaines de morts sur son passage.

Que des trucs sympa, donc. Heureusement que ma naissance est venu apporter un peu de gaieté à cette bien sinistre date.

Sinon, regardons de plus près mes jumeaux d'un autre temps :
22 mai 1907 : Hergé
22 mai 1924 : Charles Aznavour
... il y a aussi pleins d'autres gens pas spécialement connus, dont une actrice porno en 1972 mais je suppose que ça n'intéresse personne.

N'empêche que, tout de même, j'ai l'impression de passer un cap. Déjà, c'est la  première et dernière fois de ma vie que mon âge correspondra à ma date d'anniversaire, et ça, il  est important de le souligner. De plus, quand j'avais eu onze ans, on m'avait dit que la prochaine fois que mon âge serait composé du même chiffre, j'aurais probablement le permis, et peut être même une voiture.

Disons que dans onze ans, j'aurais peut être même un gosse. Mmm enfin, pas si sûr... !
Alors qu'est ce que j'aurai dans onze ans que je n'ai pas aujourd'hui ? 
Un appart ? (j'espère bien ouais quand même.) 
Un taf ? (aussi.) 
Un salaire ? (ouaiiiis.)  
Un mec ? (ah bah ça...(cf 10ème ligne))

Bon quand même, du coup, ce que j'aime bien quand c'est mon anniversaire, c'est que j'ai des cadeaux. Comme on dit "c'est pas tous les jours Noël" alors j'en profite. Et en plus, je reçois des fleurs (c'est assez rare pour être souligné), et malgré que les fleurs ne fassent pas l'unanimité chez la gente féminine (je ne vise personne), je proclame haut et fort que moi, bah j'aime les fleurs. Voilà.
Sinon, ce que j'aime bien aussi, c'est ce qu'il y a de quoi manger. Chez nous, le jour de notre anniv, on choisit le menu, et comme on est des ventres à pattes dans la famille bah voilà, en général disons que ce n'est pas le carême.  
Sinon, c'est aussi le seul jour de l'année ou j'ai des fraises et du Coca light pour le petit déjeuner. ça peut vous paraître insignifiant (voir tabou), "mais pour moi ça veut dire beaucoup".
Ensuite, ce que j'aime bien aussi, c'est de recevoir pleins de petits mots doux, j'ai l'impression d'avoir beaucoup d'amis et que tout le monde m'aime. Heureusement ça ne dure qu'un seul jour sur 365.

Enfin voilà, le jour où j'aurai 88 ans, mon âge correspondra cette fois ci à mon année de naissance, mais là, peut être que je baderai un peu. En attendant, je me dis que chaque année qui passe me donne de nouvelles occasions pour concrétiser mes rêves...



On m'a dit "tu n'es que cendres et poussières". On a oublié de me dire qu'il s'agissait de poussières d'étoiles.
Hubert Reeves


mercredi 12 mai 2010

Message d'une pauvre.

















ça y est, le printemps est arrivé.

Le printemps ? me demanderez-vous en scruptant d'un air suspicieux le ciel plus grisâtre que le volcan Eyjafjöll après  l'irruption de cendres.  (en plus de l'air suspicieux, si vous avez une lime à ongle et une canette de jus de raisin, c'est encore mieux (ici).  
Pourtant, si-si-si je vous assure, le printemps est bel est bien là, et ça se voit. 

Déjà, comme dirait mon cher Sousou, pote de blog,  "ça pue l'hormone reproductrice à plein nez". 
(J'en profite d'ailleurs pour faire un peu de pub pour son sympathique blog (un donné pour un rendu ;) ), parce que le brave Sousou il est rigolo tout plein, il est presque aussi modeste que moi et même qu'il joue de la guitare. Si ça mérite pas une petite visite ça.
Mais je ferme ici la parenthèse car si je continue il va finir par ne même plus pouvoir enfiler ses babouches.)

Nous avons donc assisté à la survenue annuelle de ce festival de jambettes en tous genres, de jupettes qui volent à la brise, et de lunettes de soleil mouche,  témoins des premiers cafés en terrasse sur le port. (notez bien mes magnifiques rimes qui, j'en suis sûre, séduiront les plus poétiques d'entre vous.)

Mais ce n'est point tout.  Hier en promenant ma chienne Leelo, qui, truffe au vent, flairait une piste de ragondin  toute fraîche qu'elle s'apprêtait à coup sûr (mais prudence est mère de sureté) à intercepter, notre attention fut soudainement attiré par des piaillements joyeux dont nous  essayâmes d'identifier la source. Nous finîmes donc par nous retrouver nez à nez avec un nid  coincé entre les pierres disjointes d'un mur, rempli à ras bord de petits oisillons pas plus grands qu'un pouce, à quelques centimètres seulement de notre visage. Peut-être d'ailleurs m'ont-il  pris pour leur mère, à la façon dont ils me regardaient de leurs yeux exorbités et criant famine, avec le regard affamé d'un goéland pour un merlan amoureux.
J'ai donc besoin d'avoir une précision essentielle pour la bonne poursuite de ma vie : est-il  honnêtement légitime que je m'inquiète de ma supposée ressemblance avec un lombric ? Je compte, bien sûr, sur votre franchise. Sinon, mis à part cette prise de conscience quelque peu douloureuse, ce fut une rencontre fortuite qui illumina le reste de ma journée d'un certain romantisme emprunt d'instinct maternel.

Ainsi, comme tous les ans à la même période, l'arrivée du Printemps sonna le glas. Plus cérémonieuse que la quête du Graal, plus improbable que l'Accord Parfait, plus idéaliste que la Politique, chaque année au printemps, il nous faut subir la recherche du maillot de bain parfait. Vous savez, LE maillot, celui qui fait des fesses rebondies (mais pas trop), des seins rebondis (un peu trop), et la taille comme une guêpe(hum). Bref,  toute individu de sexe féminin, me plusoirea pour reconnaître que  la quête du maillot de bain idéal peut (parfois) tourner au cauchemar.

C'est donc le cœur inquiet que je franchis, cette semaine, le seuil d'un magasin dont je tairai le nom. Chose que j'aurais, si j'avais été une personne sage et raisonnable, et si mon instinct de survie financière avait été suffisamment tenace et vigoureux, du évidemment soigneusement éviter. Cependant, assommant ma culpabilité d'un coup de gourdin et l'enfouissant au fin fond de ma tête comme je sais si bien le faire, c'est avec gaieté que je (re)découvrais toutes ces merveilles ignorées depuis trop longtemps. 
Partout, des tentations, semblables à des sirènes (d'alarme) qui de toutes parts., nous lançaient de langoureux regards. Partout, des matières fluides dont on imaginait sans peine la sensation de caresse sur la peau. Partout de la dentelle, de la soie, et toutes ces envies de shopping trop longtemps refoulées m'éclatèrent en pleine figure comme une bulle de malabar. Partout, ces couleurs qui brouillaient la vue et étourdissaient mes sens, comme on éclabousse une peinture. 

C'est à ce moment que je LE vis. Il était là, beau, ténébreux, mystérieux. Ce fut aussitôt le coup de foudre. Je sus à l'instant même que cette  rencontre allait changer le cours de mon existence.

(Ne jubilez pas trop vite, comme tout le monde sait que trop de perfection tue la perfection, j'ai décidé de ne pas vous faire grâce de la contemplation photographique de mon corps parfait dans mon maillot de bain parfait. Non non n'insistez pas, c'est non.)





Tryo, Serre-moi